04/07/2009Aimez quand on vous aime(2)
Il est marqué 2 sur le papier.
La main, en position, ressemble à celle de Saint Thomas en un Caravage éprouvant.
Derrière, des corps, des femmes certainement ... Des rouges ... Un voile, un marié peut-être ?
Aimez.
Chercher la blessure !
Quand on vous.
Et croire que ce qu'on a.
Aimer quand on vous aime.
27/06/2009La vache folle. La vie sexuelle du pédé se décompose en deux phases : La première où il éjacule trop tôt, la seconde où il n'arrive plus à bander.
Entre temps, il parle souvent d'aimer.
Aimer vraiment, avec un grand A, la seule chose qui vaille ... La seule aventure humaine qui reste, celle où l'individualisme se fissure, celle où les conditions du monde deviennent étranges, où l'évidence du présent l'emporte sur le doute de la vie.
C'est qu'il s'ancre au naïf. Car il sait pourtant que la plupart des gens naissent, vieillissent et meurent sans avoir aimé.
Tous les ans, le pédé va à la Gay Pride. Revendiquer son droit à aimer. Puis boire des bières.
Souvent, il s'octroie un plan cul pour que la fête continue.
Sa vie est simple, finalement.
Dans les années 90, peu après l'épidémie de "la vache folle", de nouvelles normes furent promulguées dans le domaine de la traçabilité bovine.
On a pu voir apparaître partout sur les étalages des boucheries modernes de petites étiquettes, ainsi libellées :
"Né et élevé en France. Abattu en France"
Une vie simple, en effet.
25/06/2009Inhumains qui sans merci. Je me tente le Madrigal de Fauré a capella.
Ré Fa ... Ca commence haut perché ! Faut détendre ...
Merde sur moi, baryton médiocre et stressé ...
Je reste cependant scotché sur la troisième phrase, celle d'après "Inhumains qui sans merci vous raillez blabla".
Elle fait : " Aimez quan-and on vous ai-me".
C'est répété deux fois, avec une légère variation : " Ai-ai-mez quan-and on vous ai-ai-me".
Après ... Le silence.
Même si la variation ne casse pas trois pattes à un canard, c'est dire que c'est fait pour qu'on focalise.
Tiens, justement:
Pour mes 40 ans, on m'a offert un petit canard jaune en celluloïd pour ne plus m'ennuyer quand je me baigne.
Ca vibre si j'enclenche le bon bouton et ça m'aide à me branler dans l'eau.
Je pense alors à Monsieur Poulet - l'éjaculation n'est donc plus longue à venir - ainsi qu'au trou dans l'ozone. Parfois à un plan parking avec un troupeau d'oies. Dans une moindre mesure, à celui qui me l'a offert.
J'adore !
En quelque sorte, ce canard jaune est une machine à aimer la vie et la planète. Monsieur Poulet en sus.
Aussi disgracieux, glissant sous les bulles et plastique entre mes cuisses qu'il puisse être, ce canard ... C'est mon acmé et ma grâce, ma limite, mon point alpha ... Le manque et sa création, l'impossible des avenirs.
J'en commence à éprouver certains sentiments en retour, par simple entrainement, parce qu'il me rend heureux.
" Aimez quan-and on vous ai-me"
L'efficacité, cependant, reste limitée aux canards. En aucun cas, je n'arrive à aimer les autres propriétaires de canards, les faiseurs de confits, les paysans du Périgord.
L'amour reste simple à définir même s'il se produit rarement.
17/06/200908/06/2009Find me somebody to looooove !
Qui n'a pas de chien ... de chien, de chien.
Et qui fait le ménage
27/05/2009Les serins. Il a fallut qu'il monte sur la table.
Remarque, il est plutôt bel homme, même hystérique debout sur une table ... Il est plutôt racé.
C'est mon ami.
Y'en a qui dise qu'il porte une perruque ... Et qu'il serait espagnol.
Je n'ai pas été invité. Non. La table, chanter, bla bla, debout ... Non. On me prend pour un animal blessé.
C'est pourquoi.
Je le regrette parce que c'est gentil, ces petites fêtes, mode tapas-sud ouest-hispanisques ... Ca permet de sortir ses dernières histoires belges en plus de danser avec ses derniers amants.
Il me faudrait un chien andalou en rechange. Ou un danseur attitré.
En compensation est un bien grand mot.
Je n'en n'ai pas. De chien.
Mon ami préfère les chats.
Je n'aime pas, les chats, ça fait des saletés.
Ce qui fait le plus de saletés, ce sont les serins.
Mon ami n'aime pas les serins.
Je n'aime finalement pas les chiens.
Je danse le tango sur les trottoirs, me promenant accompagné.
10/05/2009Le désert des Tatas. Le bruit s'oublie, la qualité reste ...
C'est pas le cas de tout le monde.
Dino Audiart, le frère de Berthe (1968)
04/05/2009Le tralala.
Bien sûr, le mec a dit devant 723 personnes qu'il tentait d'aider d'autres mecs qui n'avaient plus la force de faire leurs courses, leur bouffe ou même de se doucher. Que ça s'évanouissait comme des mouches sous Baygon, les vieux séropos.
Bien sûr, mais fallait tourner le dos et puis regarder en l'air pour respirer. Se concentrer. Alors fallait faire avec.
Et puis il a fini et un autre est arrivé.
L'autre a pris le micro aussi. Il a dit aux 723 personnes qu'en 2009, la relève des vieux qui partaient a maintenant 20 ans, qu'elle ne fait peut-être pas gaffe, qu'elle croit peut-être que ça se guérit ... 3 gélules et hop ! Que quand ils le savent, en fait, ils plaquent souvent tout, se retrouvent sans moins que rien ... qu'il fallait les aider.
Dans 30 secondes, je vais me retourner. On applaudit.
Je bats de l'aile, Si Mi La ... Ma jambe droite tremble comme si j'avais une multinévrite au Crixivan(R). Ou 20 ans, au choix.
Il faut sourire. J'aide ? Je suis schizoïde ? Je suis ce que je suis, en avançant d'un pas.
Avancer d'un pas. Merde !
Et tout le Tralala.
Aider si possible en robe blanche.
13/04/2009La flottaison. J'ai décidé de refaire du sport.
Hello les loulous, Here will be Rocky !
Mais faut que je me ménage, à mon âge ... Les lombaires, 1; 2; 1; 2 ... L'ostéoporose ... Soufflez, Expirez ... Dites 33 ... Expirez ... Les pieds plats ... Arghhhh !
Je n'ai pas le choix, il me reste le cœur : Ester Williams, me voici !
Sauf qu'en plus d'être une activité idiote et emmerdante, nager n'est pas une discipline où j'excelle.
Il faut que ça change !
Pour améliorer la flottabilité et leurs performances, j'ai appris que certains nageurs se faisaient souffler dans le cul.
Un coup de pompe à vélo, 1.8 litres d'air et hop ! Et ça glisse après comme un requin en eaux troubles ...
Hélas, je n'ai pas de vélo et encore moins de pompe.
J'ai donc décidé de me trouver un gentil garçon docile (et sportif) pour me chanter le "God save the Queen" dans le cul avant d'aller à la piscine municipale. C'est facile à trouver sur Citégay et la piscine est à 500 mètres ...
Arrrrgh!
Si tout ce qui pouvait couler se faisait souffler dans le cul avant, je gage qu'aucun iceberg n'aurait pu amocher le Titanic !
Nonobstant la couche d'ozone.
05/04/2009Les associations.
P'tit perdu, p'tit pédant, p'tit pédé, pauvre vendu, p'tit enfant, p'tit pendu, grand paumé, p'tit perdant.
T'as joui ?
Bois de Boulogne, au nord, 19h30, Paris ... ou presque. Un dimanche.
03/04/2009Kapo. Très souvent ces derniers temps, j'ai le sentiment qu'il me faut jouir sur l'injonction d'un kapo.
Je triture ma bite.
J'essaie de la rendre droite, je la gonfle des désirs.
Je considère le canapé, j'envisage les bordels, je m'inspire de Satan, je suinte l'idolâtre.
Ca n'arrive pas. Je pousse, je fais des efforts. Il faut !
Je prends du poppers.
Le kapo m'encourage : Vas-y, laisse toi aller ! Concentre toi ... Jouis !
J'expulse trois gouttes au travers de ma bite molle.
Je reste désolé.
31/03/2009Des fleurs pour Irina...
Irina, de Manet. Peinte en l'honneur de son anniversaire en 18.. : L'esclave, apportant le bouquet virginal tel qu'en une adoration à la vierge, n'est autre que Manet lui-même, grimé (car il voulait faire une surprise) et soumis comme à l'habitude.
Suite à une brouille amoureuse entre le peintre et la reine de son coeur, cette version, chargée d'une torride charge érotique, reste moins connue que celle faite avec l'autre cocotte que l'artiste avait sorti du caniveau pour se consoler de sa disgrâce.
Version enfin dévoilée pour les quelques ans de plus de l'inoxydable Irina en 2009.19/03/2009 Rintintin, Flipper le dauphin, Hercule Poirot, Mandrake, Grosminet, Guy Lux, Heidi, Bardamu, le surfeur d'argent, Jean Valjean, la Castafiore, Sherlock Holmes, Ulysse, Perceval le Gallois, Alonso Fernández de Avellaneda, le Capitaine Caverne, Rouletabille, Kermit et les Muppets, les Rapetou, Titi, Garou-Garou, la Linea, Julien Sorel, Fantômas, Johnny Guitare, Achille Talon, les Watchmen, Gai-Luron, Michel Sardou, le concombre masqué, et moi et moi et moi..., Peter Pan, Tarzan, Rahan, Placid et Muzo, Joe Dalton, Superdupont, Bob Morane, le Club des 5, Fifi Brindacier, l'Agent Secret X-9 et l’agent X 27, Oui-Oui, Fantomette, les Bidochons, Magnum, Iron Fist, Corto Maltese, Marie-Madeleine, King Kong, l’homme araignée, Danny Wilde et Brett Sinclair, Riri, Fifi, Loulou, Emma Bovary, Hagard du Nord, les Pieds Nickelés, le Commissaire Maigret, Langelot, le Docteur Justice, Skippy le Kangourou, Belle et Sébastien, Scoubidou, Flash Gordon, le Capitaine Kirk, N°6, Yoko Tsuno, Odette de Crecy, Robin des Bois, James Bond et la mère Denis et sœur Emmanuelle voudraient bien ne pas être morts du sida pour pouvoir cracher à la gueule du pape.
18/03/2009Showtime ...
Longtemps, j'ai pourri mes draps en imaginant des étreintes effrénées avec des garçons vus à la télévision :
François, de "L'île aux enfants", Jack de "Dactary", le blondinet de "Deux ans de vacances" ... Papa Boyington dans "Les têtes brûlées" ... Ca passait juste avant "L'école des fans" ...
Et fan, bon Dieu, je l'étais, j'avoue ...
J'ai dessiné la carte du Vietnam et celle de la France côte à côte rien qu'au tacatac de ses mitrailleuses.
Puis il y eut "Magnum" ... Tout en poils, moustache et dérision.
Si je fais le bilan, une madeleine entre les dents, j'ai couché depuis avec tous leurs avatars, Higgins y compris.
Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?
Catégo. Il y a deux types d'hétéros: Ceux qui vous crachent à la gueule et ceux qui vous poignardent dans le dos.
J'ai plus du tout envie d'être homo.
J'ai envie d'être gay.
J'emmerde les autres.
Tchikiboum tchiboum ... Tchikiboum tchiboum ...
Surtout les biens pensants et leur exhib guimauve de scarifications en tout genre.
08/03/2009
Samedi 16h23, face au 173 de la rue Saint Martin. Vue la cote de Ben, l'heureux propriétaire du mur ne la connaîtra pas, la crise ...Guerlain. Chez La Potiche, j'ai aspergé mon écharpe d'un parfum de chiottes qui me rappelle mon ex.
Si on savait comment ma nuit est déjà peuplée.
04/03/2009Le miroir à deux faces (texte effacé, 2005).
Je me dis que c'est laid. Que le chagrin rend laid. Que c'est insupportable, tant de laideur. Que les gens n'ont aucune tenue. Que s'il continue à vagir comme une bête, je vais lui écraser la gueule à coup de lattes. Que ça le finira peut être. Qu'il arrêtera bien de l'ouvrir quand il devra avaler les caillots ou cracher les dents.
Je me dis que le steak haché, c'est ni beau ni laid. Que c'est que de la viande. Que c'est toujours mieux que ces larmes obscènes et que cette bouche triste. Qu'il devrait se débarbouiller ses yeux rougis. Que cette indécence fait monter mes crachats. Que c'est sale. Vraiment sale. Qu'il faut l'aider.
Je me dis que ça pue. Qu'en plus de rendre laid, le chagrin fait sentir. Que ça écœure. Qu'il va moins puer si je le fais saigner. Que l'hémoglobine, ça contient de l'oxygène. Que l'oxygène, ça nettoie.
Je me dis que c'est pas tenable. Qu'il n'a aucune dignité. Que son attitude est celle d'un porc. Que la douleur rend inhumain. Que lui aussi doit trouver ça sale et laid. Que ça bave. Que c’est flasque vraiment comme un porc gras. Que c'est aussi rendre service que d'effacer tant de laideur. Qu'au stade où il est rendu, il ne peut pas comprendre. Que le fraper, c'est le délivrer aussi de sa honte. Et que c'est mieux ainsi.
Je me dis que c'est pas croyable comme j'aime le silence. Que je suis décidément trop sensible. Que les belles choses sont vraiment trop rares. Que je suis un esthète. Qu'on ne se refait pas.
Je me dis que c'est laid. Que le chagrin rend laid. Que c'est insupportable tant de chagrin. Que si je continue de vagir comme une bête, il va me prendre dans ses bras et me faire l'amour. Que ça se passera comme ça. Que les larmes s'arrêteront quand il me prendra par le cul.
Je me dis qu'un légume, ça ne doit rien éprouver. Que c'est comme minéral au final. Que je voudrais être ça. Qu'il me méprise de l'aimer. Que j'ai honte de mes yeux rougis, de ma bouche ouverte. Que je dois ressembler à un porc. Que je ne reproche rien. Que je suis complice. Qu'on ne se refait pas.
Je me dis que j'exsude ma peine. Que ça doit puer. Que ça pue. Que je vais me traîner à ses pieds. Que c'est comme un élan. Que je ne maîtrise plus mes élans. Que c'est pas possible qu'il me regarde sans me voir. Que le sol est froid autant que ses yeux à travers mes larmes.
Je dis que je voudrais qu'il frappe ! Je dis que la douleur des coups est préférable à celle du chagrin. Que je dois le mériter. Que le sang efface l'eau des yeux. Que c'est aussi de l'amour. Que le sang s'en va aussi à l'eau.
Je me dis que la perte de conscience soulage. Que je suis fier quand même de lui avoir désigné la place du cœur, celle qu'il sait avoir atteint. Que je l'ai aimé.
28/02/2009L'apanage de la jeunesse.
Vendredi, rue Charlot, Paris 3°
... J'aurais voulu croire qu'un Rimbaud de 17 ans aux idéaux d'airain ait pu taguer ce mot ...
Alain, en fait, sonne ses 65 ans bien tapés et veut y croire encore. Ironie de la rue Charlot ...26/02/2009Bug.
Ce sont les bêtes qui m’ont alerté.
Petites, rondes, très laides.
Elles volettent en errant au dessus de ma baignoire. Parfois, elles rampent en procession sur l’émail blanc, autours des savons. Je crois qu'elles s'en nourrissent. Je les regarde. Elles disparaissent alors à la lumière dans l’abris des canalisations.
Elles réapparaissent le soir à même le plafond, comme écloses de sous la peinture.
Sous ma douche, j’explore le siphon ce matin. Je fouille du bout des doigts pour en déloger la vermine.
J’y retrouve quand même toute sorte de choses curieuses dont je n’arrive pas à m’expliquer la provenance : Des éclats de verre, un bouclier Croisé, une rose, un fil à plomb, un buste de Molière ...
Je n’arrive pas à y croire : Les bêtes ont disparu.
Comme la mémoire des choses.
 |