J'déprime. J'ai pas de Rollex(R) ... Et je ne me suis pas fait sodomiser depuis longtemps.
Deux bonnes raisons pour penser sincèrement que j'ai raté ma vie.
C'est un peu comme quand j’étais tout petit, sur le tapis de jeu, et que j’essayais de faire rentrer l’étoile dans le carré en tapant dessus comme un bœuf, sûr de mon effort, et que grand'mère me faisait des yeux ronds, comme si j’étais vraiment crétin d’insister comme ça.
Pour ça, je pensais déjà avoir raté ma vie.
Ben finalement, 40 ans après, rebelote.
Le carré, mon rond, les étoiles ...
Je suis sûr qu'il faut que ça rentre, parce que j'ai pas les moyens de m'offrir une Rollex(R)
Pour préparer au mieux sa prochaine sodomie, je me suis rendu sur la seule véritable source d’information fiable en la matière: les sites de cul, afin de me remémorer les paliers stratégiques à aborder: Position, angle de tir, degré d’inclinaison, la bite à Dudule et tout un tas de petits détails techniques dont on n'a pas toujours conscience.
Une fois une dizaine de pornos visionnés au ralenti, et au vu des grimaces, j'avais la certitude qu'une belle ergonomie s'imposait, tout autant qu'une position debout ou en levrette, si je ne voulais pas trembler pour l'intégrité physique de mon cul.
Là, j’entends la voix de ma grand mère résonner en toi: « c’est pas fait pour ça ».
Mais c’est bien pour ça que c’est rigolo! Rond, carré, étoiles ... Rappelle toi, mémère !
Sur le Web, on te répète: « Il ne faut pas se contracter. Détendez-vous. » ... Oui Oui ... Mais je ne demande que ça ! La détente et l'ergonomie dans la bonne position !
A 3 ans, ma grand'mère me disait : « si tu touches, tu vas te brûler ». Aïe.
A 15 ans, ma mère me disait : « si tu vas à Paris, ne vas pas rue Sainte Anne » ... Oui Oui. La blague !
Donc je lis. Des témoignages sur le Web :
Lui, 20 ans: « Brian a été très doux, il a commencé par introduire un doigt puis deux puis trois, hihi, puis la pénétration fut une sensation étrange mais pas du tout douloureuse ! ;-) »
Ah oui, « hihi » ?!!
J'ai filé direct chez IEM pour acheter mon nouveau meilleur ami : Du lubrifiant.« Hihi » !
L'idiote du Web de 20 piges, si il avait capté, il y serait allé par bidon de 5 litres !
En rentrant du taff (dois-je préciser que je n'ai rien à faire?), je me suis mis sur www.nopicnodial.com.
Là, au bout d'une heure, un petit 18cm bien droit et pas farouche, 44 ans-mais-ne-paraissant-pas-son-âge, chauve rasé cheveux blanc mais poils intacts, me propose de m'aider en me promettant des étoiles.
Ronds, carrés ... Mémère, on y est !
Il est venu. 500m à pied, il était encore en forme ...
Carrée direct !
Il est vrai qu’au bout du chemin, y a souvent orgasme.
Au pire tu simules mais en y croyant vraiment très très fort. Parce que, bon, hein, t’en n'as pas bavé des ronds de chapeau pour que dalle.
- T’aimes ça bogoss ?
- Oui… Je surkiffe super, bébé…
- Pourquoi tu parles avec cette voix étranglée ?
- Tu veux dire en pleurant ? Je sais pas… le bonheur, sans doute.
Remis de mon coït, alors que je suis en train d’updater mon journal sur Gayattitude d’un assez élégant « La sodo, faut ce qu'il faut », je constate fièrement que je me suis remis en selle.
Jusqu’au moment où je décide d'y aller, à la selle.
Oh, mémère ... si tu savais, de là où tu es, je n'ai jamais pensé à toi si fort.
Quand y'aura plus de bergers landais, quand mon voisin Armando aura déménagé, quand j'aurais exténué l'Espagne et le Portugal réunis ... Hummmm ...
Tel Aviv ou un p'tit roux ? Bon, OK, Tel Aviv !
Allongé sur ma serviette, elle-même sur le sable. On s'emmerde ferme à Ploubinec.
J'écris de mon doigt le mot "sex" sur le sable en matant ferme, direction les dunes, derrière les rochers ... râteaux, châteaux, gamins-familles ... j'ai le doigt qui s'enfonce.
Le soleil, aussi, s'enfonce dans la mer et je commence à me les cailler sévère.
Mon homme sort de l'eau. On pourrait croire à Burt Lancaster venant vers moi ... tant qu'il y aura des hommes !
Bon, évidemment, c'est un Burt Lancaster avec coup de soleil sur le nez, 10 kg en trop et des algues vertes mortelles pour les sangliers qui dépassent de son maillot rouge, pourtant choisi avec soin chez Décathlon(R).
Je me redresse, efface le mot sur le sable.
Il vient vers moi et me dit:
- "Je t’aime mon amour ! - Tu es trop mégasex !"
- "Ouais, ouais, j'sais, c'est nerveux."
- "Tu veux ?"
- "Hmmmmm" (je sais très bien faire Hmmmmm, très Deborah Kerr)
Nous sommes tous deux assis face à la mer et il m’enlace.
Et puis nous roulons dans les vagues en un baiser passionné.
Je bois la tasse, je me redresse en un hoquet et m’enfonce un bout de moule dans le pied.
Il confond mon spasme et mon cri de douleur avec un râle de désir et entreprend de me baisser mon slip de bain.
J’ai super super mal à cause de l'eau salée qui pique ma plaie, je morve un peu et j'ai le hoquet ... mais c’est si romantique : il a ma bite dans sa bouche.
Alors je vois cette famille de suédois qui nous observe et nous prend en photo.
Je lui susurre à l'oreille d’une voix aussi suave que possible, me rempaquetant, tout en plongeant mes yeux rougis par le sel dans ceux de mon mâle : "viens mon amour, allons vers les dunes"
J'essuie ma morve au nez et mes yeux rouges, en en étalant le moins possible.
Et je m’éloigne devant lui, en trottillant un peu et en boitillant de même.
Chaud comme la braise, il me suit. Je cours, je sautille, j’atteins les rochers.
Je me vautre sur un putain de rocher-qui-glisse. A plat comme un con !
L’homme me rejoint, faisant fi de ma douleur, il me plaque contre la pierre et m’embrasse avec passion.
Il presse contre mon cul sa belle virilité.
Alors je me retourne et me mets à genoux. Je fais d’une pierre deux coups: satisfaire l'envie de Burt et checker mon pied, .
Je constate un certain renflement, comme si mon pied était empaillé.
Jésusmariejoseph !
Il a des algues vertes de partout. Comme si Burt avait une érection à la Hulk et au H2S !
Je peux pas. Je peux pas c’est trop dégueu, trop de salade, j'suis pas sanglier suicidaire.
- " Bon tu me suces maintenant, j’ai pas qu’ça à foutre"
- "Oh, Burt ... "
Un pêcheur de moules apparait à 20 mètres.
Je me demande s'il ne s'était pas planqué pour voir, le salop !
Je remballe l'érection de Burt et sa salade verte au plus vite dans son maillot rouge, somme toute trop petit pour tout contenir.
Je lui dis : "viens, allons baiser dans l'eau, j’ai vu faire des gens dans plein de films".
On y va. Lui avec sa bite aux algues et moi boitant un peu.
Enfin nous arrivons dans l’eau.
Ouhlà. Faut y aller d’un coup !
Je regarde s'il n'y a pas de méduses.
Comme à chaque fois que je suis concentré, il m’embrasse. C’est très efficace d'être concentré, il m’embrasse très souvent.
Nous nous lovons l’un contre l’autre. Il me presse.
J'ai maintenant envie de faire pipi.
Il m'enlace, m'entraîne. Tant pis pour les méduses ...
Mais ... Mais Burt ?
Je sens plus rien entre ses jambes. Si ce n’est une sorte de mollusque ou un bébé méduse.
Mou, donc.
Faut dire que dans les films où les gens baisent dans la mer, Burt et Deborah, toi et moi, c'est pas le Ploubinec, ses touristes, ses moules et son eau à 17°C...
Alors je pisse enfin un bon coup dans l'eau pour réchauffer la Manche ...
Trois éléments partageaient alors la vie: derrière moi un passé à jamais détruit s'agitant encore; devant: l'aurore d'un immense horizon inquiet; entre ces deux mondes: quelque chose de semblable à l'océan qui sépare un continent d'une vieille gonorrhée.
5, rue Delouvain, Pais 19°
Toilettes semi-publiques et sans serrure, Montreuil sous Bois.
Mon treuil sans toi.
Et Dieu dans tout ça ? J'attendis qu'il vienne pour lui reprocher son absence ...
Les voici, revenant sur le lieu même de leur seul amour...
Ils sont retournés au bar.
Sans un mot, ils étaient enveloppés d’une gène qui paralysait, d’autant plus sensible dans cette salle bondée et bruyante.
Là où tout l’audible d’avant n’était que sa voix et, qu’entre ces corps entremêles, seul le sien était.
Il avait décidé de commander deux bières et de lui donner un sous-bock comme pour masquer l’obscurité des choses.
Mais dès qu’un jaillissement de lumière flirtait entre nous, c’était comme si les objets étaient doués de regard et, inquiets, animés, s’effrayaient.
Tous, ils s’avançaient, importuns, éloquents d’un souvenir.
Ici, le tabouret, là-bas le tableau noir que j’effaçais consciencieusement après qu’on eut joué au pendu.
Tout s’était rempli de ses désirs les plus circonciellement fugaces: le pendu en parlait d’autant plus voluptueusement et tout se répandait, de ces années passées dans l’obscurité des choses.
Mes draps déployés, qui, je le savais, renfermaient encore le nombre incalculable de ses rêves.
Dans ce coin, là, rouge, la banquette où je m’étais dérobé.
Partout dans ce bar, ils sentaient les signes incandescents de cette passion ardente, de cet entre-eux, de ces objets, de ce sous-bock, du rouge, de leurs souvenirs.
Tous, signes émanant, respirant en silence dans le bruit, violemment étrangers, de l'homme seul qui m’avait invité ici à boire une bière.
Le regard détourné, insaisissable, le silence épais dans ce bruit accumulé, je remplissait le silence qui régnait depuis des années, qui enflait précisément, comme effrayé par la présence d’êtres humains...
Il fallait dire quelque chose maintenant, il fallait que quelque chose se produisît.
Depuis tout ce temps, il fallait quelque chose, de moins lourd, de plus adéquat.
Et c’est ce qu’il fit, volontairement neutre, sa voix tremblante, comme voilée: “c’est exactement comme autrefois, non ?”
Je refusais que la conversation prit cette tournure amène et, soudain, une colère violente m’emporta.
Je ne pus réprimer ces paroles: “tout est comme autre fois, sauf nous … sauf nous”.
Ce fut comme une morsure, il prit ces mots de plein fouet. Effrayé, il ne trouva pas l’autre regard qu’il rêvait rassurant
Sans hasarder une parole, reposant sur son sous-bock sa bière déjà tiède, il monta aux étages pour s’épancher.
Là, à demi bandant, un mec se branlochait dans les urinoirs, sous le rouge masqué et l’émail blanc. Je me mis à genoux. Son reste de pisse aux lèvres, le tenant, je l'entraînais vers l’obscurité intense des water-closets pour qu’il m’enculât.
De retour, ils étaient absents.
Cette chair contre sa chair, ces lèvres qui, jadis … Il me sembla qu j’étais le même qu’autrefois, à l’heure de l’adieu dans ce bar.
Sa bière étaient finie.
Sur les restes de la mienne, mon sous-bock.
Etait écrit au Bic(C) “je sais que ce n’est pas raisonnable, mais j’aimerais te re-rencontrer”.
Plus tard, je lui écrivis un mail. Quelques mots sans hésitations.
“C’est une folie ce que tu demandes, mais je n’ai jamais rien pu te refuser. Je viens.”
Un petit pas pour l'homme.
Un grand pied pour l'Humanité.
Et surtout, ne lâchons rien!
Un pédé dans le Cantal ou à Rome, une lesbienne dans le Puy de Dôme ou au Maroc doivent aussi avoir le droit au mariage, à l'indifférence et tous les autres droits afférant: adoption, don du sang, connerie, mocheté, emploi, sport et sudoku compréhensibles.
J'aurais laissé la porte entrebâillée.
Dans la lumière du soir qui vient, je l'aurais attendu à genoux. A portée de main sur la moquette, un flacon de Pig Juice Extra Strong.
Dès la porte poussée, je me gazerais.
Mon cul impérieux, déjà, demande.
J'oublierais qu'il n'est pas vraiment comme sur les photos du site.
Je ne verrais que la bosse de son sexe à l'étroit sous le pantalon de costume.
A la deuxième prise de poppers, ma liberté sera complète.
En écrasant mes lèvres sur son zip, je peux humer l'odeur de sa chair. Le désir est de tous les orifices.
Quand il baissera sa fermeture éclair, instinctivement, je mettrai mes mains derrière le dos.
Elle est épaisse et douce, odorante du labeur, veinée de bleu. J'en suis affamé. Je m'en emplis la gueule au plus profond possible.
A son goût, ma bave devient canine.
Je suffoque, il m'entraîne sur le rebord du lit.
Ancré sur le drap blanc, ma cervelle est une voile aux reflets de nitrites.
J'en reprends quand il commence de me pénétrer. Seule sa bite sort de son costume.
Alors très vite, ma jouissance.
Puis le silence, tranché par son souffle qui cherche à éjaculer.
Pas un mot n'aurait été dit.
La porte claquerait.
Je serais alors emplis de cette liberté, deux longs jets de bouillie marquant mon dos.
Coget ante thronum.
Je n'aurais jamais remarque ce garcon s'il ne m'avait ete designe.
Un soir, certainement a bout de force, l'homme que j'aime m'a dit : je crois que je suis amoureux de lui. Il ne mentait pas.
Quantus tremor est futurus.
Le monde est si petit. J'ai donc contacte le garcon. On s'est retrouve dans un bar un samedi.
Il se doutait, gene, protestait, n'y etait pour rien.
Judicanti responsura.
Sa pudeur, cette facon qu'il avait de s'excuser, le rendait beau. Il ne mentait pas.
Liber scriptus proferetur.
J'ai recu un peu apres un message du garcon. Il s'excusait encore. Ses mots s'arretaient par cette phrase incroyable : "Tu es très bel homme H., garde la forme."
In quo totum continetur.
Meme cafe, je l'ai donc revu. C'est certainement moi qui ait parle du Requiem de Mozart.
Il le connaissait par coeur.
Quidquid latet apparebit.
Il m'a dit: si tu veux, je te prete ma version du Requiem. Prends de la hauteur. Et rapporte le moi.
Je lui ai dit que je l'ecouterai en Chine, sur la grande muraille. Le seul monument qu'on puisse voir du ciel, parait-il.
Nilinultum remanebit.
Je suis donc parti en Chine. Seul et la messe des morts a ecouter.
Designe, je n'ai pas menti. Je le revois vendredi.
1) Tirer un émolument, faire un gain.
Exemple: J'ai beaucoup tire ce week end, j'ai maintenant un gros emolument. J'en ai bien profite.
2) Tirer avantage, tirer parti.
Exemple: J'ai pu tirer d'avantage a partir du moment ou je lui ai dit que je l'aimais. J'en profitais.
3) Faire du progrès en quelque chose, en vertu, en sagesse, en science.
Exemple: J'ai fait des progres sur www.Darling.com, j'ai 10 amis de plus et j'en profite.
4) Se développer, se fortifier, en parlant des personnes ou des animaux.
Exemple: Tout ce qui ne tue pas fortifie. Autant en profiter.
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Bon, la ... ca a moins bien fonctionne : il m'a demande de me connecter a www.Freud.fr et de me faire soigner. J'ai trouve ca mesquin et ingrat.
Il est vraiment trop coince. Pas moderne, il ne sait pas ce qui est bon et bien ...
Il est peut etre temps d'en changer pour une version rajeunie sachant vivre comme tout le monde.
Cela aurait ete une solution aussi, d'aimer les hommes...
Il y a des gibiers comme ca, tu les suis tout le jour, au bruit, a l'odeur, a la trace ... Mais il ne servirait a rien de se precipiter, la lame en avant, ce serait rater a coup sur ...
Il faut d'abord savoir a quelle bete tu as affaire.
Il faut donc attendre. Attendre qu'elle se montre.
Et la bete, si tu es patient, finit toujours par se montrer.
La bete, elle en sait plus long que l'homme, presque toujours. Mais l'homme a quelque chose pour lui que la bete n'a pas : Il sait attendre.
Face au 23 rue de la Villette, vers 14h.
Sous mes pas, chargé de sacs quasi poubelle et d'une clef.
Prendre une photo quoi qu'il puisse arriver à Barbe Bleue.